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La résilience ou l’art de continuer à s’émerveiller...

20 oct.
3 min de lecture

Il y a des jours où j’aime vraiment la vie, pas parce que tout va bien, ni parce que les difficultés ont disparu, mais parce que je mesure, l’espace d’un instant, la beauté d’être là, tout simplement.


Je trouve incroyable cette capacité que nous avons, nous les êtres humains, à traverser des épreuves parfois immenses et à continuer malgré tout. Les factures qui s’accumulent, la pression du travail, la recherche d’un emploi, les traumatismes, les guerres, les abus, les injustices. Il y a tant de souffrances dans ce monde... À Gaza, au Congo, au Soudan, en Ukraine et ailleurs, des êtres humains tentent de vivre, de protéger les leurs, de reconstruire, de garder espoir dans des réalités que nous avons parfois du mal à imaginer. Et pourtant, au milieu de tout cela, la vie continue de chercher son chemin. C’est cette résilience qui me touche énormément. Cette force qui ne veut pas dire qu’on ne souffre plus, mais que l’on parvient, quelques fois à s’offrir une parenthèse. Une bulle dans laquelle on respire, on rit, on aime et on se laisse surprendre. Comme si, pendant quelques instants, notre cerveau acceptait de déposer le poids du monde pour nous permettre de revenir à l’essentiel. Un oiseau qui traverse le ciel, une fleur qui pousse au bord d’un trottoir, le regard tendre d’un animal ou une personne âgée qui vous sourit. Rien d’extraordinaire en apparence et pourtant, tout est là.


J’ai eu la chance de découvrir des lieux, des cultures et des personnes qui m’ont rappelé cette force de l’humain. En Afrique du Sud, notamment, j’ai été touchée par cette capacité à continuer d’avancer, à créer du lien et à partager même lorsque les difficultés sont bien réelles. Ces rencontres m’ont appris que la résilience n’est pas toujours spectaculaire. Elle se trouve aussi dans les gestes du quotidien, dans la dignité, dans la solidarité et dans cette capacité à accueillir un moment de joie sans attendre que tout aille mieux. Nous vivons dans un monde qui nous pousse sans cesse à anticiper, à produire, à réussir et à nous adapter. Nous avons peur de demain, alors nous passons parfois à côté d’aujourd’hui. Nous nous fabriquons des lions qui vont nous dévorer, des scénarios qui nous empêchent de dormir, des montagnes que nous n’avons même pas encore commencé à gravir. Et si parfois, nous laissions le lion dans sa savane pour revenir à nos moutons ici, dans nos vies, dans ce qui existe réellement, maintenant ? Cela ne veut pas dire de fermer les yeux sur les injustices, ni détourner le regard de celles et ceux qui souffrent. Au contraire, c’est peut-être en apprenant à préserver notre capacité à nous émerveiller que nous trouverons aussi la force de prendre soin du monde car nous sommes capables du pire, mais aussi d’une immense tendresse. Nous détruisons notre planète et pourtant, nous savons encore planter une graine, recueillir un animal blessé, tendre la main à un inconnu, aimer, transmettre et recommencer.


La vie est parfois d’une simplicité désarmante. Deux êtres qui se rencontrent, se reconnaissent et donnent naissance à quelque chose de nouveau. La nature qui poursuit son œuvre sans nous demander notre avis. Tout cela nous rappelle que nous faisons partie d’un ensemble bien plus vaste que nos préoccupations quotidiennes.


Alors aujourd’hui, j’ai envie de partager cette reconnaissance. Remercier nos aînés, nos enfants et toutes ces personnes qui croisent notre chemin. Celles qui nous apprennent avec douceur, comme celles qui nous enseignent à travers la difficulté. Non pas parce que tout doit être accepté, mais parce que chaque rencontre peut nous aider à mieux comprendre la vie, les autres et nous-mêmes.


J’ai aussi envie de choisir ce que je nourris en moi et autour de moi. Davantage de bienveillance, de solidarité, de respect et d’amour. Moins de jugement, de haine et de violence. À notre échelle, nous pouvons contribuer à créer une énergie collective qui donne envie de vivre, de construire et de prendre soin les uns des autres.


Nous ne savons pas ce que demain nous réserve. Nous pouvons en avoir peur, le préparer, essayer de le maîtriser, mais il nous échappera toujours en partie. Alors, sans oublier nos responsabilités ni les combats qui méritent d’être menés, n’oublions pas de VIVRE, tout simplement. Respirer, observer, ressentir et s'émerveiller. Parce que la résilience, ce n’est pas seulement survivre à ce qui nous arrive. C’est aussi retrouver, au milieu de ce qui nous éprouve, la capacité de goûter à la vie. Et parfois, il suffit de se rappeler que nous sommes encore là et que c’est déjà précieux.



 
 
 

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